Pleine conscience contre anxiété : un pari gagné 3/5

La pleine conscience comme méthode


Sa définition moderne est simple : « porter l’attention, intentionnellement, sans jugement, à l’instant présent » (Jon Kabat-Zinn)
De quoi cette simplicité est-elle faite ?

1. Du consentement à la patience et à la persévérance pour observer des mouvements de l’esprit à partir du moment où celui-ci est invité – par soi-même - à se poser sur un support de concentration mentale clairement désigné et délimité. Le premier effort consiste à remarquer ses « écarts de conduite » : distractions, errances, ruminations…. La découverte de la « volatilité » de son esprit révèle au méditant débutant sa fascination pour sa propre agitation. Revenir vers le focus de l’attention constitue le premier temps de l’éducation de l’esprit : comme un cheval sauvage, l’esprit s’apprivoise. Les débuts ressemblent souvent un rodéo. C’est normal. La persévérance et la patience en viendront à bout, souvent relativement rapidement.

2. Ainsi apte à la concentration, l’esprit – ou ce qui dit « je » – est aussi devenu capable de flexibilité : reconnaissant ses « évasions », il retourne vers le support qu’il s’est donné. Il est donc également devenu souple (5).

3. Enfin, riche de ces nouvelles aptitudes, l’esprit va pouvoir se considérer comme un espace de pensée dans lequel des pensées, ou phénomènes mentaux endogènes (6), circulent, plus ou moins. Cette habilité est désignée par le terme de « métacognition »

4. Parfois, le calme se fait. L’espace est paisible. C’est la vie elle-même qui est devenue simple : être et en avoir conscience, vivant au cœur du vivant, en place, à sa place juste.  D’ailleurs la question de la place a disparu. Pas de question, juste la plénitude d’exister, ici et maintenant. Comme disait Lama Guendune, grand lama tibétain : « Rien à chercher, rien à trouver, tout est là ».
Qu’en est-il alors de l’anxiété et des ruminations propices à l’humeur dépressives ? L’esprit a reconnu la pression de ces pensées incessantes désormais considérées comme ses propres productions, qu’il choisit de ne pas saisir, pour les laisser circuler librement dans l’espace mental qu’il observe.
Reconnues comme phénomènes éphémères, les pensées vont s’épuiser d’elles-mêmes. Même destinée pour les ruminations dépressogènes.

5 : C’est-à-dire qu’il délaisse ses ruminations, anticipations et fantaisies pour revenir vers le concret du support de concentration qu’il s’est choisi.

6 : C’est-à-dire qui émane de l’esprit lui-même, même si des éléments extérieurs en constituent la matière première. Nous parlons ici du discours intérieur, de l’évaluation des situations, du jugement, y compris de soi-même.